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<journal-title>Revue internationale du Travail</journal-title>
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<article-title>Livres</article-title>
<subtitle>The International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights and the Employment Relation, Klaus L&#246;rcher, Niklas Bruun et Ana Teresa Ribeiro (dir.), Oxford, Hart Publishing (ETUI), 2025, 568 pages, ISBN 978-150-998-459-6 (broch&#233;), ISBN 978-150-998-461-9 (eBook).</subtitle>
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<email>jeanmservais@outlook.com</email>
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<aff id="aff-1"><label>1</label>Universit&#233; de Bordeaux</aff>
<pub-date publication-format="electronic" date-type="pub" iso-8601-date="2026-01-13">
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<license-p>Cet article est en libre acc&#232;s, distribu&#233; selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0), qui permet une utilisation, distribution et reproduction sans restriction sur tout support, &#224; condition que l&#8217;auteur original et la source soient cr&#233;dit&#233;s. Voir <uri xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/</uri>. Les articles de la <italic>Revue</italic> sont index&#233;s dans <uri xlink:href="https://labordoc.ilo.org/discovery/search?vid=41ILO_INST:41ILO_V2&amp;lang=fr">Labordoc</uri>, la base de donn&#233;es bibliographique du Bureau international du Travail. Pour un compl&#233;ment d&#8217;information sur l&#8217;OIT et ses publications, veuillez consulter le site de l&#8217;Organisation, &#224; l&#8217;adresse <uri xlink:href="https://www.ilo.org">www.ilo.org</uri>.</license-p>
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<p>Cette note de lecture est &#233;galement disponible en anglais (<italic>International Labour Review</italic>, vol. 165, n<sup>o</sup> 1) et en espagnol (<italic>Revista Internacional del Trabajo</italic>, vol. 145, n<sup>o</sup> 1).</p>
<p><styled-content style="margin-top:3.3em;margin-bottom:0.3em;border-bottom:5px solid;width:120%;">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;</styled-content></p>
<p>Voici un livre bienvenu qui se pr&#233;sente comme le premier ouvrage acad&#233;mique complet sur le Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels (PIDESC) dans ses rapports avec le travail. Il constitue une v&#233;ritable somme des connaissances sur cet instrument, ratifi&#233; aujourd&#8217;hui par 173 &#201;tats, en m&#234;me temps qu&#8217;une analyse d&#233;taill&#233;e de ce dernier.</p>
<p>Issu des travaux du r&#233;seau Transnational Trade Union Rights Experts Network, li&#233; &#224; l&#8217;Institut syndical europ&#233;en (European Trade Union Institute &#8211; ETUI), il cherche &#224; rendre accessible &#224; un large public, y compris les acteurs sociaux, un pacte qui n&#8217;est pas sans complexit&#233;. Que l&#8217;on en juge! Il couvre un large &#233;ventail de droits relatifs &#224; l&#8217;emploi. La premi&#232;re partie traite de questions g&#233;n&#233;rales concernant le Pacte &#8211; contexte, d&#233;veloppement, d&#233;fis, influence aux niveaux mondial et r&#233;gional, interpr&#233;tation et contr&#244;le &#224; travers les proc&#233;dures qu&#8217;il pr&#233;voit. Un tr&#232;s int&#233;ressant chapitre, sous la plume de Bruno Veneziani, rel&#232;ve la place qu&#8217;occupe la notion de la dignit&#233; dans ce trait&#233; et son r&#244;le dans l&#8217;&#233;laboration de normes protectrices des travailleurs. Cette notion pourrait &#233;clairer le concept de travail d&#233;cent &#233;labor&#233; par l&#8217;OIT (voir les d&#233;veloppements au chapitre 7, pp. 177 et suivantes).</p>
<p>La deuxi&#232;me partie porte sur des dispositions sp&#233;cifiques en rapport avec le travail, plus pr&#233;cis&#233;ment les articles 2 (r&#233;alisation progressive des droits reconnus, sans discrimination), 3 (droit &#233;gal qu&#8217;ont l&#8217;homme et la femme au b&#233;n&#233;fice de tous les droits &#233;num&#233;r&#233;s), 4 (interdiction de soumettre ces droits &#224; d&#8217;autres limitations que celles &#233;tablies par la loi et dans la seule mesure compatible avec la nature de ces droits et exclusivement en vue de favoriser le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique), disposition dont Ioannis Katsaroumpas regrette la sous-utilisation, 6 (le droit au travail dans toute son ambigu&#239;t&#233;), 7 (le droit de jouir de conditions de travail justes et favorables), 8 (les droits syndicaux, y compris le droit de gr&#232;ve sujet de controverses &#224; l&#8217;OIT), 10 (la protection de la famille, en particulier des m&#232;res et des enfants). Les conclusions soulignent que le PIDESC n&#8217;est pas suffisamment exploit&#233; et que sa mise en &#339;uvre appelle des am&#233;liorations possibles. Elles offrent &#233;galement une vision d&#8217;avenir que le contexte international actuel rend malheureusement incertaine.</p>
<p>En revanche le droit &#224; la s&#233;curit&#233; sociale (article 9) n&#8217;est pas repris, comme d&#8217;autres droits qui, expliquent les auteurs, sont moins directement li&#233;s au droit du travail, comme le droit de toute personne &#224; un niveau de vie suffisant, &#224; la sant&#233; et &#224; l&#8217;&#233;ducation (articles 11 &#224; 14). On peut sugg&#233;rer qu&#8217;un livre &#233;quivalent soit consacr&#233; &#224; ces droits.</p>
<p>L&#8217;un des grands m&#233;rites de l&#8217;ouvrage est d&#8217;analyser en profondeur les conclusions du Comit&#233; des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels (CESCR), qui surveille, comme on le sait, la mise en &#339;uvre du pacte dans les diff&#233;rents pays. Le comit&#233; a par exemple d&#233;clar&#233;, est-il relev&#233; (chapitre 9, p. 266), que l&#8217;obligation extraterritoriale de protection impose aux &#201;tats parties de prendre des mesures pour pr&#233;venir et r&#233;parer les atteintes aux droits consacr&#233;s par le pacte qui se produisent en dehors de leur territoire en raison des activit&#233;s d&#8217;entit&#233;s commerciales sur lesquelles ils peuvent exercer leur contr&#244;le. C&#8217;est le cas en particulier quand des recours devant les tribunaux nationaux de l&#8217;&#201;tat o&#249; le pr&#233;judice se produit ne sont pas disponibles pour les victimes ou lorsqu&#8217;ils sont ineffectifs.</p>
<p>La richesse de ces r&#233;f&#233;rences apporte des &#233;l&#233;ments d&#8217;information pr&#233;cieux et illustre les questions concr&#232;tes que pose l&#8217;application de ce pacte dans la pratique. Elles devraient contribuer ainsi &#224; fournir aux chercheurs comme aux praticiens des r&#233;ponses aux probl&#232;mes rencontr&#233;s.</p>
<p>Le pacte peut-il faire oublier les normes internationales adopt&#233;es par l&#8217;OIT? &#201;videmment non, d&#8217;autant plus qu&#8217;il pr&#233;sente un caract&#232;re peu contraignant, contrairement aux conventions ratifi&#233;es (voir le chapitre 9, ainsi que les conclusions p. 529). Il n&#8217;emp&#234;che. Le groupe d&#8217;experts de grande qualit&#233; qui a contribu&#233; &#224; ce livre a r&#233;ussi &#224; dynamiser notre &#233;valuation du PIDESC, &#224; confondre les sceptiques et &#224; favoriser les compl&#233;mentarit&#233;s entre ces instruments.</p>
<p>Quiconque est convaincu de la n&#233;cessit&#233; de prot&#233;ger les droits des travailleurs souhaite leur pleine ex&#233;cution. Un autre m&#233;rite de ce livre est de mettre en relief la vocation des droits de l&#8217;homme &#224; cet effet. L&#8217;int&#233;r&#234;t renouvel&#233; pour ces derniers dans la d&#233;fense des droits des travailleurs correspond &#224; une volont&#233; d&#8217;affermir la solidarit&#233; sociale face aux partisans du laisser-faire et d&#8217;un volontarisme pur et dur dans les relations professionnelles. Plus g&#233;n&#233;ralement, l&#8217;insistance mise au respect de droits essentiels des travailleurs peut s&#8217;interpr&#233;ter comme une r&#233;ponse de ceux qui souhaitent le maintien d&#8217;une protection forte des salari&#233;s aux partisans d&#8217;une plus grande flexibilit&#233; dans les rapports de travail. Le d&#233;veloppement des moyens &#233;lectroniques de communication et de production a en outre conduit &#224; s&#8217;interroger davantage sur la protection de la sph&#232;re priv&#233;e.</p>
<p>Si les droits sociaux sont apparus les derniers sur le plan national, ils furent en revanche les premiers &#224; se voir v&#233;ritablement consacr&#233;s sur la sc&#232;ne internationale: le Trait&#233; de Versailles, dans sa partie XIII constituant la Constitution de l&#8217;OIT, et quelques conventions internationales du travail adopt&#233;es peu avant la guerre 1914-1918 contenaient d&#233;j&#224; des dispositions &#224; cet effet. On peut s&#8217;interroger sur les raisons. L&#8217;une d&#8217;entre elles est sans aucun doute que les acquis sociaux obtenus au niveau national parurent fragiles &#224; leurs d&#233;fenseurs les plus ardents. Ils cherch&#232;rent &#224; les consolider par une cons&#233;cration universelle. Leurs efforts ont fortement contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation et au d&#233;veloppement de l&#8217;OIT. Le rappel sur l&#8217;importance persistante de ces droits est le message que portent avec talent les auteurs de ce livre au-del&#224; de leurs contributions techniques.</p>
<p>Ils soulignent &#233;galement les rapports entre ce pacte et celui sur les droits civils et politiques. Les &#233;v&#232;nements symbolis&#233;s par la chute du mur de Berlin ont en effet montr&#233; que, si les droits civils et politiques devaient &#234;tre compl&#233;t&#233;s par des droits &#233;conomiques et sociaux, l&#8217;exercice de ces derniers seuls ne permettait pas un d&#233;veloppement individuel et collectif harmonieux. Les seconds devaient s&#8217;appuyer sur les premiers, qui restent les fondements de l&#8217;&#201;tat d&#233;mocratique moderne. Certaines libert&#233;s publiques sont essentielles &#224; l&#8217;exercice de l&#8217;autonomie individuelle, mais aussi collective, sp&#233;cialement des organisations patronales et syndicales. Outre la libert&#233; d&#8217;association, l&#8217;exp&#233;rience des organes de contr&#244;le de l&#8217;OIT am&#232;ne &#224; se r&#233;f&#233;rer aux garanties de la s&#233;curit&#233; personnelle, aux libert&#233;s de r&#233;union, d&#8217;opinion et d&#8217;expression, &#224; la protection contre les immixtions arbitraires dans les locaux, dans les communications, dans le domaine priv&#233; sous toutes ses formes.</p>
<p><styled-content style="text-align: right; display: block"><italic>Jean-Michel Servais</italic></styled-content></p>
<p><styled-content style="text-align: right; display: block"><italic>Ancien directeur au Bureau international du Travail</italic></styled-content></p>
<p><styled-content style="text-align: right; display: block"><italic>Pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; internationale de droit du travail et de la s&#233;curit&#233; sociale</italic></styled-content></p>
<p><styled-content style="text-align: right; display: block"><italic>Membre associ&#233; du COMPTRASEC (Universit&#233; de Bordeaux)</italic></styled-content></p>
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